L’enfant et le serpent (3)

Liane brillante et verte satinée dominée par une émeraude aux yeux de jade

oscillait en mesure, fidèle aux charmes des éternelles mélodies telluriques.

Toute l’histoire des hommes était gravée à la surface de ces anneaux mystiques

révélant à chaque contraction un nouveau chapitre.

Ni peur ni haine dans le coeur de celui qui aime au delà du monde

Ni peur ni haine dans le coeur de ceux qui embrassent leurs divinités

Les perles de lumières appartiennent aux incarnés séparés qui se révèlent leurs essences de frères dans l’absolu

L’enfant et le serpent à nouveau réunis et abreuvés par la source originelle de leurs vies cosmiques

vivent désormais dans l’infinie de l’instant terrestre partagé

Le chemin,peinture à l'huile,2008

Mathieu Philippe & Marie-Chantal Kindou

L’enfant et le serpent (2)

………………

Lové au creux de l’arbre de vie, résonne l’écho de ce cœur puissant

inondant à chacun de ses battements le corps vibrant de sève primordiale.

Tous sont venus accueillir le nouveau fils de la terre en une multitude de visages de bois dégrossis,

sculptés par les vents brûlants aux regards braisés et insistants.

Une clameur et des rires pour célébrer  l’être charnel qui ,en quelques saisons,  s’ élève déjà vers le ciel.

La pluie s’invoque pour l’enfant qui s’éveille en un ruisseau menant au devant de lui-même.

Les sens fermés, le cœur des guides vint lui parler du monde oublié de ceux qui y vivent trop souvent.

Alors s’élève du manteau végétal un léger bruissement dont les écailles sont

les instruments.

Végétal,peinture à l'huile,2008

Mathieu Philippe & Marie-Chantal Kindou

L’enfant et le serpent (1)

Sa lumière est née Homme sur une planète d’un bleu étincelant

Les rythmes lancinants des tambours et le martèlement frénétique des pieds dansants

Autour du brasier soulevait un nuage de terre rougeoyant

Le village et les murmures de la terre mère annonçaient son arrivé

Les ombres se dessinant sur les murs alentours faisaient échos aux cris de la vie naissante

La pluie annonça la souffrance et le déclin de l’astre solaire la naissance.

Puis la douceur d’une peau moite

L’odeur d’un nectar enivrant

La couleur virginale.



Liberté,peinture à l'huile,2008

Mathieu Philippe & Marie-Chantal Kindou

Terre mère

Varhaille,peinture à l'huile,2008

” Tandis que je roule au gré du vent, les puissants rayons du soleil réchauffent ma cosse. Je peux ressentir, tout autour de moi, la présence de quelques-uns de mes frères, dispersés aux alentours lors de la chute de l’enveloppe végétale où nous nous sommes développés. Je peux aussi ressentir, au-dessus de ma tête, certains de nos parents, dont les branches s’élèvent fièrement vers le ciel azuré. L’épais tapis végétal me caresse doucement pendant que le vent me pousse inexorablement vers l’inconnu, là où je pourrai planter définitivement mes futures racines et m’élever parmi mes congénères. Progressivement, le ciel s’obscurcit et je ressens les premières gouttes de pluie s’abattre sur la paroi protectrice dans laquelle je suis enfermé. Ma course continue tandis qu’une agréable odeur s’élève du sol. L’odeur réconfortante de la terre. Le bruit des nombreuses gouttes d’eau tombant sur les feuillages se mêlent pour former un magnifique concerto. Finalement, les précipitations finissent par cesser et ma course s’achève à proximité d’un épais buisson. Quelques-unes de ses feuilles me caressent tendrement comme pour me rassurer alors que je m’enfonce de quelques millimètres dans la terre attendrie. L’endroit est si confortable, si accueillant, que je m’abandonne à son doux murmure. Tandis que mon enveloppe réagit à ce douillet environnement, je comprends que j’ai finalement atteint ma destination. Déjà, je rêve que mes minuscules racines prennent place dans la terre et que je m’élève à mon tour aux côtés des miens, étirant mes branches vers le ciel comme pour le toucher. Je peux ressentir le fluide terrestre palpiter sous moi, comme pour m’appeler. Dans quelques temps, j’émergerai de ma douce prison et commencerai mon existence.”

Extrait de ” La réminiscence de Varhaïlle “

Mathieu Philippe

Renaissance

Si on s’attarde sur le sens du terme créer dans la société humaine, on peut trouver diverses définitions: « Donner l’existence à quelque chose qui n’existait pas encore, fonder, instituer, produire, faire naître, susciter, imaginer, inventer … » et bien d’autre encore. Ainsi, il s’agit de faire « émerger » du néant une « chose » qui n’existait pas. Un petit message donc avant de continuer à l’attention de tous les futurs parents du monde : « Arrêter de recopier ! » Ainsi, il semble que ce terme soit bien étriqué dans ce monde. En effet, créer dans un système c’est répondre à des attentes qui conditionnent la forme et la vie même de la future réalisation. Sans indépendance la création n’est qu’une reproduction d’un modèle d’origine dont l’époque est le lifting naturel. Elle est donc un produit, la panacée de notre société consumériste et se veut d’être sévèrement jugée par ses pères, garants et sombres protecteurs d’un héritage antédiluvien sur lequel repose l’ensemble même de ce système de croyance.

C’est une illusion de croire que la création n’appartient qu’à une certaine catégorie d’individu. Nous sommes tous des créations créatrices et à ce titre les outils légitimes de cette énergie souveraine. Nous sommes les prismes universels au travers desquels nos essences originelles ont choisi d’exprimer leur lumière. Nous avons arpenté la surface de mondes et choisi d’expérimenter des états de consciences et des vies afin de pouvoir être prêt pour cette période d’éveil. Le moment est venu de vous souvenir. Fermez les yeux, inspirez profondément. Souvenez-vous. Souvenez-vous de votre nature originelle et laissez la création vous guider.

Mathieu Philippe

Flammes jumelles

Marie-Chantal Kindou

Peinture à l’huile,2005